Les pondeuses passent à la veranda2005-02-01Originaire de Hollande, le système pour poulettes sur véranda commence à s’implanter au Canada avec une demi-douzaine d’élevages disposant de cet équipement. Nous connaissions les cages pour pondeuses d’œufs de consommation depuis toujours, mais jusqu’à récemment, les pondeuses de reproduction étaient élevées sur litière par milliers sur un même parquet. En 2000, un premier élevage canadien, en Saskatchewan, s’équipait d’un système sur véranda. Ce type d’installation est impressionnant. Imaginez des grandes cages, appelées vérandas, mesurant 4,6 m (15 pieds) de longueur, 1,2 m (4 pieds) de largeur et 0,68 m (2 pieds 3 pouces) de hauteur, et disposées les unes à côté des autres, en rangées et sur plusieurs étages. En novembre dernier, ils débutaient le deuxième cycle de production. Le bâtiment de 123 mètres (405 pieds) de longueur, 14 mètres (46 pieds) de largeur et avec des murs d’une hauteur de 5 mètres (17 pieds) regroupe un peu plus de 20 000 pondeuses. Chacune des 336 vérandas disposées en quatre rangées et sur quatre étages renferme 60 poules et six coqs. Confort et coûtMême si le premier élevage, de novembre 2003 à septembre 2004, a servi principalement d’apprentissage du nouvel équipement, les propriétaires estiment que les résultats obtenus sont comparables à un élevage conventionnel. Les propriétaires de la ferme Avistar croient que les performances et la santé des volatiles seront meilleures qu’avec un système sur litière, une fois la technologie maîtrisée. Ceci s’explique en bonne partie par une meilleure qualité de l’air. Le fumier est séché sous les cages et retiré deux fois par semaine. Il y a donc moins d’humidité, d’ammoniac et de poussière liés à la litière laissée dans la bâtisse durant toute la durée de la ponte, soit environ 42 semaines. La ventilation est également performante. « Le cœur de la ventilation, c’est un échangeur d’air, explique Serge Lefebvre. L’air qui entre est réchauffé par l’air qui sort. » Ceci réduit les coûts de chauffage tout en améliorant le confort des oiseaux. Tout est automatisé, alimentation, collecte des œufs et évacuation du fumier. Les besoins et les coûts reliés à la main-d’œuvre sont donc diminués. Par exemple, il n’y a plus d’œufs à ramasser par terre. Pour faciliter le travail de leurs employés, les propriétaires de la ferme Avistar ont installé un plancher en métal entre le deuxième étage et le troisième étage de cages, ce qui est rare pour ce genre d’installation. Ceci permet aux employés d’avoir un meilleur accès aux cages supérieures, donc aux oiseaux. Autre avantage au point de vue coût : il n’y a plus de litière à acheter et à enlever. Les œufs n’étant plus pondus sur litière, on élimine le microbisme entourant et à l’intérieur de l’œuf. « Un œuf sali par le fumier ne peut plus servir à l’incubation », explique Daniel Aubin, représentant technique pour le Couvoir Ramsay, qui reçoit les œufs provenant du poulailler sur véranda de la ferme Avistar. M. Aubin ajoute qu’en véranda, on ne retrouve pas ce problème. Puisqu’il y a moins d’œufs sales, il y a plus d’œufs qui se dirigent vers l’incubation et la santé des poussins est meilleure. L’absence de litière procure également une meilleure santé des pattes des oiseaux. Cependant, le système sur véranda coûte environ 20 % de plus qu’un système conventionnel, selon le président de Vencomatic, la compagnie fabriquant les vérandas, David Thompson. Ce coût additionnel serait absorbé en une période de deux à trois ans. Le facteur coût est d’autant plus important que le système sur véranda, d’origine européenne, souffre de la valeur élevée de la monnaie locale, l’euro. Malgré cet aspect, les pondeuses sur véranda sont de plus en plus populaires à travers le monde : Hollande, Russie, Turquie, Taïwan, Japon... Et les propriétaires de la ferme Avistar envisagent déjà construire une deuxième bâtisse semblable l’été prochain. Encadré : Une régie modifiéeDurant la production d’œufs pour l’incubation, la régie est le point central. Autant les femelles que les mâles doivent avoir le bon poids, ni trop élevé, ni trop bas. C’est pourquoi il faut peser les oiseaux toutes les semaines. Avec des vérandas, on prend quelques cages qu’on suit pour toute la durée de l’élevage. La sélection des oiseaux est aussi importante. Ceux qui sont improductifs, parce qu’ils sont plus faibles ou pour toute autre raison, sont retirés. « Avec la véranda, les oiseaux non productifs sont plus faciles à voir », résume Martine Bourgeois.
Marie-Josée Parent, agronomeLe Bulletin des agriculteurs |